Actualité du cinéma kabyle

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Actualité du cinéma kabyle

Message par rachid_as le Lun 25 Mai - 14:57

SÉLECTIONNÉ DANS 15 PAYS
A la merci du vent de Tahar Kessi est projeté en avant-première à Bouzeguène


A la merci du vent, court métrage de 27 minutes dont le scénario a été sélectionné en 2008 au Festival international du film francophone de Namur en Belgique, a été projeté en avant-première à Bouzeguène par le réalisateur Tahar Kessi qui a également écrit et produit l’œuvre.
Un public nombreux est venu suivre et débattre du film en tamazight doublé en deux langues qui relate le drame d’un jeune artiste peintre, Amar, qui revient du service national amputé d’un bras en 1993 lors d’une attaque terroriste. Le corps et l’esprit mutilés, il est confronté à la déchéance familiale : une mère décédée, un père obnubilé par son passé de maquisard et une sœur perdue dans les dédales d’une vie brisée par la monotonie. Amar tente ainsi d’exorciser toutes ces douleurs à travers la peinture… Encadré par le comédien Mehenni Amroun à côté de comédiens amateurs tout simplement époustouflants, le rôle du jeune premier est admirablement campé par Hassib Boukellal qui a démontré un talent indéniable confirmant la prestation réussie dans le film l’Ennemi intime tourné au Maroc. Filmé par Rabie Benmokhtar avec comme script Viviane Verastegui, une Franco-Suisse, le film, qui a suscité l’admiration du jeune public de cinéphiles, est sélectionné dans une quarantaine de festivals internationaux de quinze pays. Il sera présenté par le réalisateur au marché du film de Cannes et de Namur. Créateur indépendant, le jeune réalisateur qui a produit à ses frais le film avec l’aide d’un mécène, refuse d’aller à la recherche des subventions d’institutions hostiles, selon lui, à la création et aux esprits libres. Ce pourquoi il se plaît à répéter que «la création authentique est le seul remède aux turpitudes infligées au peuple». La thématique autour de la décennie noire qui plonge le spectateur au centre du drame permet, quant à elle, à l’esprit critique de voguer sur cette question…
S. Hammoum

Le soir d'Algérie (25/05/2009)

rachid_as

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Re: Actualité du cinéma kabyle

Message par rachid_as le Mer 27 Mai - 14:20

Tournage d’un 2e film en tamazight à Maâtkas


Après une large réussite de son premier film amateur intitulé La délinquance juvénile qui sera d’ailleurs projeté dans les prochains jours à la Maison de jeunes et à l’université de Béjaïa, le réalisateur Naâmane Belaïd est en train de tourner un 2e film en tamazight. Melmi a st taxred qui veut dire en français Quand est-ce que tu abandonneras. Ce film a pour thème le quotidien des jeunes et qui a trait surtout au chômage, à l’oisiveté et aux mauvaises décisions qui finissent par noyer et compromettre, l’avenir de beaucoup d’entre eux. Le film sera, sauf imprévus, prêt dans un mois selon les déclarations de M. Naâmane qui ne manquera pas de signaler l’absence de moyens, surtout matériels, qui l’empêche de produire et d’aller de l’avant. “La volonté ne suffit toujours pas, dans ce domaine, il faut un minimum pour arriver à monter quelque chose de sérieux”, nous dira-t-il avec un semblant de regret. “Il y a quelques années, le HCA nous aidait quoi que symboliquement mais à présent personne ne nous porte assistance sous une forme ou une autre, pourtant nous avons formulé des demandes auprès du ministère de la Culture mais cela est resté sans suite”, ajoutera-t-il. Sachant que le cinéma d’expression amazigh est encore au stade embryonnaire et peine à sortir la tête de l’eau, les responsables de ce secteur doivent soutenir indéfectiblement toutes tentatives visant à améliorer quantitativement et qualitativement le cinéma d’expression amazigh pour lui permettre de trouver sa place à l’échelle national et même international, pourquoi pas ?

Parti de presque rien, le réalisateur Naâmane Belaïd est à son 2e film et il y’en aura d’autres sûrement même en l’absence de moyens. Ainsi, de fil en aiguille, le cinéma amazigh retrouvera sa véritable dimension et ce ne sera que la réconciliation de l’Algérie avec sa véritable identité millénaire que personne n’osera mettre en doute.

DDK (27/05/2009)

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Message par rachid_as le Mer 10 Juin - 12:14

7es rencontres cinématographiques de Béjaïa
Bougie, pépinière des talents de demain


à ne pas manquer : la maison de la Culture de la capitale des Hammadides accueillera, du 13 au 19 juin, la 7e édition des rencontres cinématographiques de Béjaïa.

C’est un concentré effervescent de la vie du cinéma. Axé sur les nouveaux réalisateurs algériens de courts et de longs métrages, ce rendez-vous annuel est, depuis sept ans, la pépinière des talents de demain. Project’heurts, association qui organise cet événement cinéphilique, y fait, en tout cas, sa devise : “Faire de ce rendez-vous un grand écran de projection pour les jeunes réalisateurs, notamment ceux du court métrage, mais aussi servir d’espace d’échanges et de discussions entre les réalisateurs et les professionnels.” Béjaïa sera, l’espace de 7 jours, un haut lieu de cinéphilie. Il y aura du beau monde parmi les professionnels qui viendront de Tunisie, du Maroc, de France et de Belgique.
La thématique retenue pour cette édition est toute originale : guetter “le regard porté par les cinéastes maghrébins vivant en Europe sur leurs sociétés d’origine et sur leurs communautés à l’étranger”. “Un regard qui est sans nul doute forgé par cette double culture, du pays d’origine et celle de la société d’accueil”, explique, lors d’un point de presse, Abdenour Hochiche, président de Project’heurts. Le public sera d’emblée gâté, avec, comme vedette, l’inévitable Mascarades, de Lyes Salem, mais aussi Goulili, de Sabrina Draoui, et Sektou, de Khaled Benaïssa, tous programmés en ouverture.
Les cinéphiles auront aussi à découvrir Dihia, court métrage du jeune Omar Belkacemi, Nahla, de Farouk Belloufa, et Gabbla, de Tarik Teguia, prévus en séance de clôture. Il y aura ainsi deux séances quotidiennes (14h et 17h) auxquelles s’ajouteront des projections nocturnes à 20h dites “Cinéma de minuit”. Il y aura ainsi du cinéma, mais aussi des discussions autour du 7e art : des séances matinales (10h) appelées “Café ciné” permettront des débats entres professionnels, journalistes et critiques de cinéma. Des cartes blanches seront données à deux célèbres festivals.
Alain Gili, fondateur du festival du cinéma d’Afrique et des îles, et Sébastien Duclocher, représentant du festival international du court métrage de Clermont Ferrand, sont les invités de marque. Sallah Djabali et Ahmed Housni représenteront, quant à eux, respectivement le festival du court métrage de Mohamadia (Maroc) et le festival du film méditerranéen. Cette 7e édition met aussi le cap sur la formation : des leçons du cinéma seront animées par Ahmed Béjaoui. La leçon du comédien sera prodiguée par Lyes Salem (auteur de Mascarades et de Cousines, qui a décroché le César du meilleur court métrage en 2005). Aussi, quatre jeunes auteurs réalisateurs bénéficieront d’une formation à la faveur d’un atelier de réécriture de scénarios de courts métrages. Ils seront encadrés par trois professionnels.
L’association Project’heurts éditera un ciné journal qui répercutera des comptes rendus des activités quotidiennes. Enfin, il est à signaler que pour voir les films, les cinéphiles devront être menés d’une accréditation. Un badge valable pour toute la manifestation sera remis contre paiement d’une somme symbolique.

Liberté (10/06/2009)

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Message par rachid_as le Mar 16 Juin - 10:43

Maâtkas
Le film en tamazight de Belaïd Naâmane est fin prêt


Lorsque nous avons annoncé qu’un film en tamazight est en cours de réalisation à Maâtkas par le jeune producteur Belaïd Naâmane, il y a de cela un mois, celui-ci nous confiait : “Si tout se déroule comme prévu, notre film sera prêt dans trente jours”. En effet, le film est aujourd’hui bien prêt, d’ailleurs nous l’avons visionné en avant-première particulièrement, puisque seule une poignée d’invités était présente et M. Naâmane, fidèle lecteur de notre quotidien, a tenu à nous montrer sa reconnaissance en nous y associons à cet événement.

“Comment vous oubliez alors que vous êtes le seul journal qui continue d’être présent sur le terrain”, dira-t-il.

Le film intitulé “Melmi astataxred” débute par une scène tragique, un homme étalé au sol gisant dans une marre de sang avec un poignard implanté dans le cœur. Par rétrospective et un retour aux origines de ce qui a conduit à cette fin sanglante, nous découvrons une bande de jeunes oisives et désœuvrés qui a fait de l’alcool et de la drogue des alliés de tous les jours.

Pour s’en procurer leurs doses quotidiennes et toujours grandissantes, les habitués n’hésitaient pas à verser dans le vol et le trafic de drogue et cela malgré les avertissements et les conseils du père prodigués au fils qui est le chef de bande et acteur principal.

Avec le temps, les éléments de cette bande ont sérieusement compromis leur avenir, puisque l’un d’entre eux a sombré dans la folie, un autre a perdu la vie dû à l’overdose quant à celui qui incarnait le mal, il a fini assassin en tuant la fiancée du chef de bande qui voulait vers la fin, remonter la pente et redresser la barre mais hélas, c'était trop tard. En apprenant l’identité de l’assassin de sa financée, il a voulu avoir des explications mais le méchant criminel voulait lui réserver le même sort. Le coup de couteau esquivé par le principal acteur finit par se planter dans son propre cœur. Comme quoi, le chasseur finit souvent par tomber dans la trappe qu’il a lui même creusé ! Signalons que le film de Naâmane, réalisé avec des moyens très limités, mérite d’être projeté pour en faire bénéficier les jeunes, un film à voir absolument.

DDK (16/06/2009)

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Re: Actualité du cinéma kabyle

Message par rachid_as le Mar 16 Juin - 10:45

Coup de starter des 7es Rencontres cinématographiques de Bgayet
Deux courts métrages et le film Mascarades lors de la première soirée


L’accueil des participants et des invités s’est fait durant la journée au salon d’honneur, où le bureau d’accueil professionnel a été installé et s’est chargé d’informer le public désireux de suivre cette manifestation cinématographique traditionnelle annuelle, tout en continuant, à délivrer les cartes "cinéphile" à tous les amoureux du 7e art, ce qui leur permettra d’avoir accès à la salle de spectacles durant toutes ces rencontres qui se poursuivront jusqu’au vendredi 19 juin 2009.

Les 7es rencontres cinématographiques de Bgayet ont débuté avant-hier, samedi 13 juin 2009, dans la soirée, à la maison de la culture Taos-Amrouche de la capitale des Hammadites avec la projection de deux courts métrages et du film Mascarades en présence de leurs trois réalisateurs.

L’accueil des participants et des invités s’est fait durant la journée au salon d’honneur, où le bureau d’accueil professionnel a été installé et s’est chargé d’informer le public désireux de suivre cette manifestation cinématographique traditionnelle annuelle, tout en continuant, à délivrer les cartes “cinéphile” à tous les amoureux du 7e art, ce qui leur permettra d’avoir accès à la salle de spectacles durant toutes ces rencontres qui se poursuivront jusqu’au vendredi 19 juin 2009. Par ailleurs, le contrôle de l’accès à la salle de spectacles évitera les éventuels dépassements, qui risqueraient de survenir puisque les rencontres cinématographiques de Bgayet sont devenues vraiment importantes d’année en année, depuis la première édition de 2003.

C’est Abdenour Houchiche, président de l’association organisatrice, Project’Heurts, qui donnera le coup de starter officiel de ces 7es rencontres cinématographiques de Bgayet samedi soir, à 20h, avant de céder la parole aux trois réalisateurs, lesquels ont répondu, favorablement à l’appel, afin de rencontrer le public lors de la projection de leurs films. C’est ainsi que Sabrina Draoui, Khaled Benaïssa et Lyès Salem rendront, tour à tour, hommage à l’association Project’Heurts pour avoir réussi à relever le défi de faire de ces rencontres cinématographiques de Bgayet une tradition annuelle.

Ensuite, les projections des deux courts métrages, de Sabrina Draoui (Goulili, 13’) et de Khaled Benaïssa (Sektou, 17’), ont eu lieu avant celle du film Mascarades de Lyès Salem. Les projections ont été suivies de débats en présence des trois réalisateurs. Le “café- ciné”, un cercle plus intime, était prévu dans le salon d’honneur de la Maison de la culture, le lendemain, dans la matinée dans le but d’approfondir les débats et aura lieu chaque matinée suivant les projections de la veille. Enfin, il est utile de signaler que Sabrina Draoui vient de terminer la réalisation d’un film ayant pour titre “Bolivie”.

Le souhait des organisateurs des rencontres cinématographiques espèrent bien qu’elle le présentera au public bougiote durant cette semaine. Nous y reviendrons.

DDK (16/06/2009)

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Message par rachid_as le Mar 30 Juin - 17:36

Gari d-imaniw de Kaci Abderrahmane

L’homme et son «double»

Dans un premier temps, Kaci éprouve toutes les peines du monde à adopter son «double» qui n’arrêtait pas de le contrarier et de remettre en cause son raisonnement et son comportement.

C’est fait : Kaci Abderrahmane a son film. Intitulé Gari d-imaniw (deux en un), celui-ci retrace la vie de Kaci, un homme vivant un sérieux conflit intérieur qui le mène jusqu’à rencontrer son «double». Commence alors une nouvelle page dans son quotidien qui se déroulait jusque-là comme un long fleuve tranquille. Dans un premier temps, Kaci éprouve toutes les peines du monde à s’adapter à la nouvelle situation et à adopter son «double» qui n’arrêtait pas de le contrarier et de remettre en cause son raisonnement et son comportement. Avec le temps néanmoins, il finit par s’accommoder de sa présence et à en faire même un confident. Kaci et son «double» deviennent alors de bons amis qui ne se séparent que très rarement. Kaci, le seul à voir ce «double», ne tarde pas à attirer l’attention à force de parler à une… chaise, à une table vide ou au néant dans les lieux publics. Son entourage le taxe, de fait, de malade mental, de fou et de déséquilibré. Cette histoire imaginaire qui se termine par l’éclipse du «double» aura une suite à l’avenir puisque Kaci Abderrahmane a l’intention de produire un autre film qui sera une sorte de Gari d-imaniw 2. «L’histoire continuera et sera encore plus riche en évènements», promet-il. En attendant, il espère que Gari d-imaniw où il joue le rôle de Kaci, l’acteur principal, plaise au grand public. «Je veux réussir mes débuts dans le cinéma», affirme-t-il avec beaucoup de modestie. Kaci Abderrahmane, dont c’est la première expérience dans le 7e Art, a toujours fait de la chanson kabyle où il s’est fait un nom. Mais «l’idée de faire un film ne date pas d’hier pour moi», révèle-t-il.

Pourquoi spécialement Gari d-imaniw ? «J’ai voulu apporter quelque chose de nouveau avec cette histoire imaginaire», répond-il tout en précisant que Gari d-imaniw met l’accent sur «le conflit intérieur que vit en permanence l’être humain». Réalisé par Larbi Mouhoub, le film se trouve actuellement au niveau de l’Entreprise nationale de la télévision (Entv) qui étudie les modalités de son achat et sa diffusion sur la Chaîne 4.

Info-Soir (30/06/2009)

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Re: Actualité du cinéma kabyle

Message par rachid_as le Mar 25 Aoû - 14:57

Il a hérité des petits rôles dans “Yak Nighak” sur la 4ème chaîne
Rachid Marzouk s’initie au cinéma




L’animateur vedette de la « Radio Soumam », Rachid Marzouk est semble t-il décidé de passer à un autre cap dans sa carrière artistique : Faire « son » cinéma pour de vrai cette fois sur écran.

Il est dans le collectif des acteurs qui joue dans « Yak Nighak », un feuilleton 100% kabyle qui passe actuellement en Prime Time sur la quatrième chaîne algérienne (TV Amazigh). « Effectivement je tiens des petits rôles. Disons que je fais de l’initiation mais le gros du travail c’est Mansri et Sid Ali N’Aït Kaci qui l’a fait. Il y’a aussi M’henni (l’ancien chanteur) qui joue le rôle principale du sage,» commente t-il.

DDK (25/08/2009)

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Re: Actualité du cinéma kabyle

Message par rachid_as le Jeu 3 Sep - 12:15

REGARD
Cinéma d’expression amazighe, vivement la qualité !


Par Omar Zeghni

Aprés l’effervescence ayant très longtemps accompagné chaque nouvelle sortie de films d’expression amazighe, le public semble dépasser cet élan “sentimental” pour exiger beaucoup plus qu’un simple texte joué dans un style théâtral. Le public veut plus, la qualité. La Colline oubliée sorti en 1997 après des balbutiements et autres rebondissements qui ont failli la classer dans les profondeurs de l’oubli, devait tracer le chemin à ceux qui voyait dans le 7e art un autre outil, un moyen pour faire avancer la langue berbère vers les horizons de l’universalité, car celui-là pouvait bien véhiculer toute la richesse d’une langue, d’une culture qui n’a malheureusement pas eu ce qu’elle mérite des décennies durant. Ce film, adaptation de l’œvre immortelle de Mouloud Feraoun, réalisé par Abderahmane Bouguermouh, a été une grande réussite à tous points de vue. D’abord par l’aspect purement cinématographique dont les techniques ont permis au texte de recréer fidèlement l’ambiance originale ainsi que les traditions dans un contexte d’un village kabyle. L’oeuvre originale de Bouguermouh a surtout suscité autour d’elle un long débat, un grand intérêt au double plan national et international dont l’épicentre n’était autre que le droit de la langue berbère au respect. Elle a surtout montré que cette culture millénaire pouvait, de la meilleure, dépasser l’oralité dans laquelle elle s’est engouffrée. Cette réalisation avait été, souvenons-nous, le facteur déclencheur d’une réelle dynamique donnée naissance à plusieurs films, œuvres de réalisateurs compétents. De La Montagne de Baya de Azzedine Meddour à Machaho de Belkacem Hadjadj en passant par Mimezrane de Ali Mouzaoui, le cinéma d’expression amazighe a accompagné l’évolution de la société dans son combat qui imposait d’autres moyens de lutte, beaucoup plus pertinents dans un contexte où la langue berbère était, il l’est toujours, dans le besoin d’ébaucher des perspectives orientées vers la création répondant aux normes afin de se hisser au-delà de l’oralité. Cependant, l’on constate, non sans amertume, que l’amateurisme a pris place ces dernières années où s’autoproclamer réalisateur ou comédien n’est plus un acte isolé. La déferlante des produits cinématographiques taiwan gagne un secteur qui pouvait pourtant mieux donner à la culture berbère. De même que la chanson kabyle gangrenée par des “arrivistes” qui en font un fonds de commerce, le cinéma d’expression amazighe risque de sombrer dans la médiocrité. Et pourtant la naissance d’une télévision amazighe et l’institutionnalisation d’un festival de cinéma d’expression amazighe est justement un prélude pour que ce domaine revienne, enfin, à tous ceux, parmi les professionnels, qui nourrissent l’espoir de servir et non pas se servir de la culture berbère. Il est d’ailleurs temps que le cinéma d’expression amazighe entame une nouvelle ère en endiguant les adeptes de la folklorisation excessive des œuvres qui doivent revenir à l’originalité d’une langue, d’une culture. Cela y va de sa pérennité.

DDK (03/09/2009)

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Re: Actualité du cinéma kabyle

Message par rachid_as le Jeu 3 Sep - 12:21

Entretien avec Ramdane Iftini, réalisateur
“Certains feuilletons qui passent à la télévision frisent le crétinisme”


Réalisateur du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, d’après l’œuvre de Rachid Hamoudi, Ramdane Iftini estime, dans cet entretien, que les feuilletons diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision nationale, notamment la 4 n’ont rien avoir avec le travail artistique. Pour lui, le cinéma doit d’abord identifier les attentes du public. Il a aussi évoqué ses projets dans le domaine du septième art, l’appellation du cinéma amazigh…



La Dépêche de Kabylie : Vous êtes le réalisateurs du film-documentaire, H’nifa, une vie brûlée, et qui a eu un succès considérable, quel est le secret de cette réussite ?
Ramdane Iftini : C’est un succès relatif. Il eu un succès parce qu’il y’a une attente du public, ensuite, le travail réalisé a été fait d’une manière assez intéressante. Le fait d’avoir contextualiser H’nifa dans un pan de l’histoire algérienne, et s’être entouré d’une équipe intéressante, comme Samy Allam qui a co-réalisé et qui a fait le montage également, Belaid Branis qui a fait la musique et toute la petite équipe qui a été autour, donc, on a fait un travail d’équipe, et ce sont des gens qui étaient impliqués c’était un travail où il y’avait une synergie. Et puis, ce qui fait, maintenant que le film à une vie. Il est en DVD, il passe entre plusieurs mains, les gens en parlent. Quand on réalise un film, le plus important c’est qu’il ait une vie. Cela fait deux années qu’il a été réalisé, il a eu une tournée ici, en France… et c’est le plus important.

Quand vous dites les attentes du public, sur quelle base vous les identifiez ?
Je pense que le public s’attend à un travail de mémoire. Les gens ont besoin de ce genre de travail parce qu’on tend à devenir amnésique dans ce pays, on oublie vite nos artistes ! il n’y a pas de biographies qui sont faites, il n’y a pas de travail de mémoire qui été fait sur nos artistes. Donc ce travail sur H’nifa a permis de mettre en exergue ce manque et de dire qu’on peut faire des choses simples et bien faites. C’était un travail de recherche très important. Rachid Hamoudi a fait un travail pendant quatre ans, où il a fallu interviewer des gens, faire des recherches pour aboutir à un travail intéressant.

Sinon, globalement, comment se présente le cinéma d’expression amazighe ?
Qu’est-ce qu’on appelle, le cinéma d’expression amazighe ? Le cinéma est d’abord de l’image ! Maintenant, la langue c’est autre chose. Le cinéma amazigh doit être un cinéma qui véhicule des idées, qui a un regard novateur sur la société. Quant on parle du cinéma italien, ce n’est parce qu’il est italien, mais parce que ce cinéma a apporté une nouvelle approche de l’image et de son traitement c’était l’époque du néo-réalisme… Si on résume le cinéma d’expression amazighe à un film qui parle en berbère, notamment en kabyle actuellement, on dit que c’est du cinéma amazigh, mais il n’y a pas d’identité par rapport au cinéma. Je ne sais pas, au fait, ce qu’est le cinéma amazigh ? Le cinéma c’est de l’image, c’est une autre manière de voir les choses, les raconter et les montrer.
parmi les productions que j’ai pu voir actuellement dans ce qu’on appelle le cinéma amazigh, celui qui peut représenter, je crois, le cinéma amazigh, malgré que c’est un petit film à maigre budget, dont l’histoire est très intéressante et bien faite, c’est La dernière cigarette de Ali Berkennou.

Plusieurs feuilletons sont diffusés actuellement sur les chaînes de la télévision algérienne, quelle appréciation faites-vous de ces productions ?
Je veux le dire en toute sincérité. Le peu de travail que j’ai vu, actuellement à la télévision et qui passe en ce mois de ramadan sur la chaîne Tamazight, frise la débilité. C’est du crétinisme pour moi. Mis à part le feuilleton de Amar Arab où il y’a une très belle image. A mon avis le traitement, au niveau continuité, manque, mais je sais qu’au niveau de l’image, il est excellent. Un autre petit problème des musiques. A la limite, on aurait pu faire une musique pour tout le film au lieu de mettre des morceaux de chansons, un peu de Matoub…etc. Sinon, le reste, sincèrement c’est pire que la folklorisation, c’est du crétinisme. On est dans un truc complètement débile. Je suis désolé de le dire, mais c’est l’impression que j’ai.
Des sketches à trois sous, un humour de premier degré, enfin, je ne me reconnais pas dans ces productions.

Des projets dans le domaine du cinéma ?
Oui, on a des projets toujours avec la même équipe. Des projets de documentaires et un projet de long métrage. C’est deux nouvelles du Guy de Maupassant qui ont été traduites par Muhya. On les a scénarisées avec Samy Allam et qu’on compte réalisé si on obtient les financements qu’il faut.

DDK (03/09/2009)

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Re: Actualité du cinéma kabyle

Message par rachid_as le Jeu 3 Sep - 12:44

Cinéma : Abdenour Houchiche, Président de Project’Heurts à Kabylie Culture
“Nous avons réussi à fidéliser un public”


Sept ans sont déjà passés depuis que l’association Project’Heurts Bgayet a organisé les premières rencontres cinématographiques. Depuis, d’autres activités ont été créées : le ciné-club et le ciné-lycéen sans oublier “la nuit du court-métrage” qui en est à sa sixième édition et qui est organisée durant toute une soirée de chaque ramadan. En se confiant à la Dépêche de Kabylie, Abdenour Houchiche, président de Project’Heurts, évoque les acquis de l’instauration de la tradition cinématographique à Bgayet, puisqu’il y a un public fidèle, sans toutefois tomber dans l’autosatisfaction puisqu’il nous fait part des contraintes et des objectifs qui n’ont pas encore été atteints.

La Dépêche de Kabylie : Cette année, la nuit du court-métrage sera organisée, ce soir, jeudi 3 septembre 2009, à partir de 21h, au Théâtre Abdelmalek Bouguermouh et non pas à la Maison de la culture Taos Amrouche. Pourquoi ?
Abdenour Houchiche : Ce n’est pas la première fois que la nuit du court-métrage se déroule au théâtre puisque nous l’y avions déjà organisée trois fois. Ce n’est qu’avec la fermeture de cet établissement pour travaux que nous avons été à la Maison de la culture. D’ailleurs, Omar Fetmouche s’est rapproché de nous très gentiment pour nous demander de revenir au Théâtre régional Abdelmalek Bouguermouh qui est rouvert maintenant. Nous ne pouvions donc refuser d’autant plus que le courant passe très bien entre-nous et qu’il y a également une très bonne collaboration entre-nous. Quant à la Maison de la culture Taos Amrouche, vous devez certainement savoir que le programme établi pour ce mois de Ramadan est très chargé.

L’édition de ce ramadan 2009 de la nuit du court-métrage aura lieu ce soir, jeudi 3 septembre, à partir de 21h. Peut-on savoir quel est le thème que vous avez choisi ?
Il n’y a pas de programme précis durant la nuit du court-métrage mais des programmes. Pour ce soir, il y en a trois. Le premier sera une série de court-métrages maghrébins et turcs, c'est-à-dire des pays voisins. Le deuxième programme sera composé de documentaires courts, c'est-à-dire sous forme de courts-métrage. Ce n’est pas ce que l’on a l’habitude voir puisque le standard d’un documentaire est de 52 minutes. Enfin, le troisième programme est plus qu’intéressant puisqu’il y aura la projection de courts-métrages des débuts de réalisateurs devenus aujourd’hui de très grands réalisateurs. Ces grands réalisateurs ont débuté avec des courts-métrages que nous allons projeter. C’est pour cela que nous avons nommé ce troisième programme " les courts des grands ". Avec ce programme, la nuit du court-métrage durera jusqu’à une heure tardive bien après minuit. Alors rendez-vous ce soir à partir de 21h au Théâtre régional Abdelmalek Bouguermouh de Bgayet.

Pourquoi n’avez-vous pas programmé des court-métrages de jeunes réalisateurs que vous avez formés durant les rencontres cinématographiques ?
Effectivement, beaucoup de jeunes ont profité des rencontres cinématographiques pour intégrer les ateliers de formation. Maintenant, pour ce qui concerne la projection de leurs réalisations, nous préférons le faire durant les rencontres cinématographiques pour plusieurs raisons en plus de celle de ne pas faire de la répétition avec le même programme puisque la 7ème édition a été organisée il y a à peine deux mois. Notre choix est motivé par le fait que l’évènement phare de l’activité cinématographique de Bgayet est un grand espace de rencontres qui attire aussi un très grand public. C’est donc mieux ainsi pour ces jeunes réalisateurs qui ont l’occasion de faire la connaissance de professionnels du cinéma et de voir leurs courts-métrages projetés devant une très grande affluence.

Project’Heurts travaille toute l’année. Par exemple, le ciné club " Allons voir un film " a lieu chaque jeudi. Pensez-vous avoir atteint l’objectif d’instaurer une tradition cinématographique à Bgayet ?
Même si nous ne tombons pas dans l’autosatisfaction pour dire que nous avons atteint notre objectif, je peux affirmer que nous avons réussi à fidéliser un public qui est toujours présent. Par exemple, lors des 7èmes rencontres, nous avons remarqué des familles entières qui venaient chaque jour. Maintenant, pour ce qui concerne l’instauration de la tradition cinématographique dans le vécu de tous les jours, nous le partageons avec d’autres associations et les institutions. Là, si je ne parle que du cinéma c’est parce que nous sommes une association cinématographique, car, c’est toute la culture qui doit faire partie du vécu de tous les jours. Et pour cela, tout le monde doit s’impliquer, surtout les institutions sans lesquelles la culture ne pourra s’épanouir. Quant à nous en tant qu’association, nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne. Maintenant, vous avez parlé du ciné club " Allons voir un film ", nous en avons même organisé un durant ce mois de Ramadan et il reprendra en octobre. C’est durant cette rentrée que nous entamerons la préparation des 8èmes rencontres cinématographiques. Il y a aussi le ciné-lycéen que nous avons lancé depuis une année et nous avons pu organiser les Rencontres Junior en décembre 2008. Nous allons continuer à travailler avec les lycéens puisque nous avons remarqué qu’ils s’intéressent beaucoup au cinéma au même titre que les collégiens et les étudiants. D’ailleurs, nous avons édité un manuel qui sera distribué dans tous les établissements. Notre objectif maintenant est de dépasser le stade des projections pour passer au cinéma. Nous devons leur expliquer que le 7ème art ne se limite pas à voir un film mais qu’il y a tout un travail derrière.

En parlant des élèves scolarisés, ne pensez-vous pas qu’il faut aussi aller vers les établissements pour toucher le maximum de lycéens et de collégiens ?
Justement, nous aimerions bien. D’ailleurs, nous avons essayé avec la Direction des Etudes mais cela n’a pas abouti. Nous allons réessayer cette année car nous y tenons beaucoup.

Il faudra aussi penser à une revue spécialisée ?
Cela fait partie de nos projets puisque nous avons déjà 7 ans d’expérience, mais vous ne devez pas ignorer que l’édition d’une revue spécialisée nécessite beaucoup de moyens. Pour le moment, je tiens vous dire que nous sommes en train de payer les dettes contractées lors des 7es rencontres cinématographiques.

Pour conclure ?
Je lance un appel à tous les jeunes pour rejoindre les associations culturelles car c’est très important de maintenir l’activité culturelle. Quant à nous, Project’Heurts nous donnons rendez-vous au public ce soir à partir de 21h au théâtre régional Abdelmalek Bouguermouh de Bgayet pour la nuit du court-métrage.

DDK (03/09/2009)

rachid_as

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