Littérature Américaine

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Littérature Américaine

Message par rachid_as le Ven 22 Mai - 11:54

Un Bouddha occidental

Il est des écrivains, et c’est là une vérité plus ou moins partagée, qui nous aident dans cette grande besogne appelée la vie en y mettant de la joie et de la quiétude, alors que d’autres se plaisent, indirectement, à exercer sur nos pensées et nos émotions une espèce de domination dont on ne peut se soustraire qu’avec difficulté.

Le dialogue avec eux a beau se renouveler, on n’en sort, cependant, pas victorieux. L’Américain Henry Miller (1891-1980) se situe entre ces deux catégories d’écrivains, en ce sens que son trop-plein de génie créateur intervient dans la vie de son lecteur, mais, pour l’arracher à lui-même. Mais, où se situe l’originalité de cet écrivain sinon dans les sujets-mêmes qu’il aborde avec tant de liberté ? Miller ne cherche pas la littérature dans sa forme classique. c’est plutôt l’objet, n’importe quel objet, qui se transforme entre ses mains en littérature. En d’autres termes, la littérature est ailleurs, même s’il ne le dit pas directement. Les photos extravagantes se muent en une théorie philosophique, et celles de ses amis écrivains qui décorent les chambres de sa demeure se transforment en vies parallèles avec lesquelles il n’a cessé de dialoguer sans se faire comprendre par son entourage direct. Blaise Cendrars (1887-1961), son ami depuis les années 20 du siècle dernier, est son idéal suprême pour ce qui est de l’écriture littéraire proprement dite. Le philosophe Georges Gurdjieff (1877-1949), lui, est le plus grand penseur à avoir abordé la question existentielle depuis toujours, même si sa philosophie reste teintée d’ésotérisme. Quand à Paul Gauguin (1848-1903), il occupe, toujours selon Miller, la plus haute place dans l’histoire de l’art pictural, peut-être parce qu’il lui ressemble sur le double plan de la pensée et du comportement. C’est à croire qu’on est, en présence des écrits de Miller, au tout commencement de la vie : tout commence, prend son propre chemin pour la première fois.

Dans son livre autobiographique, Printemps noir, on est sidéré devant cet homme-écrivain dont le principal désir est de toucher à tout dans cette existence. Rien ne semble l’arrêter, aucun garde-fou, voire aucune moralité, religieuse, fût-elle ou profane. Le coup de poing qu’il reçoit, enfant, de son adversaire dans une ruelle de New York, demeure la meilleure leçon de toute sa vie. Celle-ci, changeant de camp à chaque fois, demeure gargantuesque : tout prendre à la volée sans le moindre répit.Ce n’est qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale que Miller semble prendre une autre bifurcation, sans se démarquer tout de même de ses idées, en quelque sorte, préconçues. En effet, dans Le Colosse de Maroussi, écrit hautement autobiographique, dans la même lignée que tous les précédents, l’ailleurs, c’est-à-dire l’homme, se taille une place à sa mesure, car il sent la terre bouger sous ses pieds et risque ainsi de glisser dans un gouffre d’où il ne pourrait jamais remonter. On y voit Miller se transformer en une espèce de Bouddha, préoccupé par le devenir humain, donc, par son propre devenir, celui de l’écriture littéraire. Mais, pourrait-on s’interroger encore, le propre de la littérature de nos jours, n’est-il pas celui de racler sans cesse tous les fonds de tiroirs et de créditer tout ce qui est impossible ? Henry Miller, serait-il un Bouddha typiquement occidental, diamétralement opposé à celui enfanté par l’Extrême-Orient ? Sa sagesse, tout aussi bien que sa littérature aux dimensions de la planète, sont là pour nous rappeler que la grande marmite de la vie a besoin d’être épicée et retournée au fur et à mesure pour dégager ces senteurs royales tant recherchées par l’homme sous toutes les latitudes.


Par Merzac Bagtache
El-Watan (21/05/2009)

rachid_as

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Re: Littérature Américaine

Message par rachid_as le Mer 19 Aoû - 15:34

Librairie de la « mémoire » Santiago de Cuba : Un lieu où tout s’échange


Au cœur de Santiago de Cuba, porte cochère grande ouverte sur la rue animée, un bric-à-brac de livres anciens et de photos de collection de la révolution s’affiche comme le « lieu de la mémoire » de l’île communiste.



Il y a quinze ans, en pleine crise économique post-soviétique qui allait provoquer des pénuries énormes à Cuba, Eddy Tamayo décidait de troquer sa casquette d’ingénieur aéronautique contre celle d’un libraire « qui ne vend pas de livres mais les échange contre d’autres ». La librairie L’Escalier était née, au rez-de-chaussée d’une pièce étroite mais haute de plafond, se terminant — d’où son nom — par un escalier menant à une porte condamnée. Ses marches « sont par ailleurs ouvertes à tous ceux, chanteurs et musiciens, qui cherchent un endroit où jouer », assure le libraire de 62 ans. Eddy Tamayo veut que sa librairie « soit un lieu de mémoire et de libre expression », citant les propos de Raul Castro qui a dit de « s’exprimer librement » peu après avoir pris, en 2006, le relais de son frère et père de la révolution de 1959, Fidel, malade. Dans son « antre » se retrouvent pêle-mêle des romans en anglais laissés par des touristes, des essais sur le communisme, dont certains en russe, des « vinyles très rares » de marches révolutionnaires, des revues anciennes, mais aussi des portraits du rebelle Ernesto Che Guevara, du chanteur Charles Aznavour et du Christ. Des badauds du monde entier ont épinglé leur carte d’affaire sur un mur, d’autres ont laissé des bouteilles de rhum vides ou ont jeté un coup d’œil curieux sur des « photos de collection » de la révolution montrant un tout jeune Raul Castro arborant un brassard noir et rouge du mouvement du 26 juillet, dirigé par son frère Fidel.

M. Tamayo parle avec une pointe de nostalgie de l’URSS « qui aidait tant Cuba ». « Mais le monde a changé et Cuba doit aussi changer certaines choses », dit ce père de quatre enfants, dont deux sont partis vivre à l’étranger, essentiellement pour des raisons économiques, comme l’ont fait tant de Cubains. « Je suis optimiste. Je pense que nous allons réussir à nous sortir de cette nouvelle crise économique et que Raul Castro éliminera cette double monnaie », poursuit ce petit-fils d’immigrants espagnols à qui les touristes achètent, « faute de pouvoir faire un échange », photos ou objets de la révolution. La plupart des Cubains sont payés en pesos cubains alors qu’une grande partie des restaurants et des magasins ne vendent leurs produits qu’en pesos « convertibles » utilisés par les touristes. Pour acheter, les Cubains doivent donc changer leur monnaie nationale en pesos convertibles et ceux qui perçoivent des dollars envoyés par des proches à l’étranger laissent une commission de 20% au gouvernement cubain sur chaque dollar échangé. « Même les Etats-Unis ont changé, du moins je l’espère », affirme encore Eddy Tamayo devant un portrait en carton du président américain Barack Obama, dont le bras reste replié. « Je vais lui lever le bras quand il lèvera l’embargo contre Cuba » en vigueur depuis 47 ans, s’exclame en riant Eddy Tamayo.

El-Watan (19/08/2009)

rachid_as

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