Publication littéraire

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Message par rachid_as le Ven 22 Mai - 11:47

Parution. Yasser Arafat…
Bouleversant et instructif

C’est un livre qui se lit d’une traite, de ceux que l’on avale en plongeant dans leur univers.

Il n’a pourtant rien d’une œuvre remarquable du point de vue de l’écriture et du style, encore que son dépouillement atteint parfois des moments sublimes. Mais disons que toute sa littérature et aussi son style tiennent en fait dans la force du récit, celui d’un jeune Libanais qui se trouve au cœur des combats qui enflammèrent Beyrouth et de nombreuses régions du Liban entre 1975 et 1990. Ecrit au présent, avec des phrases courtes, sans fioritures, presque exclusivement factuel, son rythme lui donne toute sa saveur. Une saveur amère cependant, car il nous plonge dans l’horreur d’une guerre civile avec ses angoisses, ses atrocités, ses drames individuels ou collectifs, sans que rien ne soit épargné au lecteur. Et l’on découvre comment, justement, les pires horreurs peuvent paraître aux yeux d’un jeune homme complètement engagé dans la furie qui l’entoure, comme acceptables et plus encore, « normales ». D’ailleurs, entre deux attentats, trois tueries et quatre batailles, celui-ci poursuit ses études de manière entrecoupée : « Après m’être enrôlé comme combattant, je ne fais pas grand-chose. Je vais à l’école le matin, je prends un tour de garde dans l’après-midi… » Et plus loin : « Je passe le brevet des collèges à l’école d’Aïsha Bakkâr, le 4 juin 1982. Après l’examen, avant de rentrer, je fais un saut au QG du Parti : mobilisation générale immédiate. »

De manière parfois incroyable, la vie quotidienne et même les plaisirs alternent avec les affrontements dans une rue voisine, sinon dans la même. Pour le héros du récit, en fait son auteur lui-même, Yussef Bazzi, il y a les études mais pour lui et les autres, il y a aussi les restaurants (rackettés), les virées dans les boites de nuit, les soûleries à l’arak et au whisky, les drogues les plus diverses, les femmes, prostituées ou non. Ces miliciens qui, pour la plupart, sont jeunes, véritables enfants-soldats, ne se sentent pas défendre un pays ou une idée. Ils vivent la guerre comme un jeu, comme peut en attester ce passage démentiel : « Pour nous divertir un peu, nous avons l’idée avec Caïd d’organiser un faux affrontement. Il se met d’un côté de la rue, sur le trottoir ouest, et moi de l’autre, sur le trottoir est. Il tire dans ma direction et je riposte ; ensuite, il se met à courir, il vient jusqu’à moi et nous faisons feu tous les deux vers l’autre bord. Nous arrosons toutes les voitures garées sur les côtés et, pour rendre cet affrontement encore plus réaliste, Caïd se loge une balle dans la cuisse. À l’hôpital, nous explosons de rire. » Les milices se délitent, elles se battent à la fois contre l’ennemi israélien, mais aussi entre elles. La folie générale est si forte que même des actes crapuleux individuels influent sur le cours de la guerre : « Abou Khanjar, Ayyuq et Ofa me racontent qu’ils sont sur un coup : ils veulent investir la menuiserie voisine où est entreposé un grand stock d’armes et de munitions. Le plan secret est de s’en emparer pour le revendre ensuite - gros profit, affaire privée. (…) Nous sommes à découvert, coincés dans ce bâtiment isolé où l’armée nous bombarde de missiles TOW - ils croient qu’il s’agit d’un mouvement tournant, du début d’une nouvelle offensive, et le front tout entier s’embrase, sur trois kilomètres… » Le vol, le racket et le trafic, activités courantes de ces combattants, prospèrent.

L’auteur relate ainsi ses premiers pas dans cette criminalité qui apparaît comme naturelle ou justifiée : « Quelques jours plus tard, je descends dans un dépôt de livres que j’ai découvert et commence à charger une grande quantité de bouquins reliés, avec des dorures. Je mets ainsi la main sur plus de trois mille volumes. Ensuite, je vais à l’arsenal palestinien dont on m’a confié les clés. J’y prends une caisse de revolvers, une caisse de jumelles militaires, une caisse contenant des temporisateurs, des câbles et des détonateurs, deux grosses boîtes d’explosifs et d’autres trucs, des treillis, des radios, et je planque le tout dans le local technique de l’ascenseur, sur le toit de l’immeuble de ma mère. » L’auteur assiste à des tortures et des exécutions et y participe parfois « Ils arrêtent aussi un type accusé d’avoir placé une voiture piégée dans le voisinage de l’université arabe. On le gifle, on le frappe. J’abats la crosse de ma kalach sur sa main, ses doigts ruissellent de sang. Les ‘‘tendres’’ l’emporteront quelques jours plus tard pour l’exécuter. » Pourtant, il garde paradoxalement un fond de candeur qui le sauvera plus tard et qui transparaît dans certaines anecdotes qui ne manquent pas de poésie, n’était le contexte. Mais, tout au long du récit de Yussef Bazzi, dominent deux idées centrales, celle à la fois blasphématoire et inhumaine du sentiment de toute-puissance que peuvent procurer les armes et l’engrenage de la violence guerrière qui dans son paroxysme peut parvenir à perdre jusqu’aux raisons de sa survenance. Né en 1966 à Beyrouth, Yussef Bazzi a quitté le conflit avant sa fin. Il a alors 19 ans quand un oncle l’emmène travailler avec lui à Monrovia. Il a le temps, entre deux batailles, de passer son baccalauréat. Depuis, il est devenu un des plus grands poètes arabes et a publié des recueils marquants : Le Camouflage (1989), Sous le marteau (1997) et Sans pardon (2004). Il est aussi journaliste et après avoir travaillé pour As-Safir, il exerce actuellement comme éditorialiste à Al Mustaqbal dont il dirige le supplément culturel. Invité par les éditions Chihab, il était cette semaine au CCF et à l’Espace Noun. Son récit autobiographique est un livre assurément instructif, car il nous fait découvrir de l’intérieur cette guerre civile libanaise que l’on pense connaître à travers les médias. Yussef Bazzi apporte la preuve que la littérature est capable de traiter plus efficacement d’une réalité. Au-delà du Liban, c’est un livre bouleversant de sincérité sur la nature humaine, ses errements et ses outrances en temps de troubles et de violence.

« Yasser Arafar m’a regardé et m’a souri, journal d’un combattant de Yussef Bazzi Traduction de l’arabe et postface de Mathias Énard. Ed. Chihab, Alger 2009. Suivi d’un glossaire et d’une chronologie de la guerre civile au Liban.


El-Watan (21/05/2009)

rachid_as

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Message par rachid_as le Mer 27 Mai - 16:04

Présentation de l'ouvrage "Le jardin d'Orient" consacré à l'Emir Abdelkader

ALGER - La Fondation Emir-Abdelkader a présenté mardi à Alger le dernier ouvrage littéraire consacré à l'Emir Abdelkader intitulé "Le jardin d'Orient" de l'écrivaine française Martine Le Coz. Dans son livre, qui a fait l'objet d'une conférence-débat au palais de la Culture, en présence de lycéens et d'étudiants d'Alger ainsi qu'un panel de personnalités de culture algériens, à l'occasion de la commémoration de l'anniversaire de la mort de l'Emir Abdelkader, l'auteure dresse le décor du château d'Amboise (France) où fut emprisonné l'Emir et sa suite (1848) par l'armée française relatant ses rares visites dans la ville d'Amboise. L'écrivaine s'est longuement arrêtée sur une partie du château en forme d'un grand parc appelé "le jardin d'Orient" qui est un cimetière où repose 25 membres de la suite de l'Emir, en précisant que c'est l'artiste Rachid Korachi qui a réalisé le cimetière musulman du château qu'il a appelé "jardin d'Orient" et qui a inspiré son livre.

[Aps 27/5/09]

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Message par rachid_as le Mer 1 Juil - 14:18

Vient de paraître aux Éditions Média-Plus
“Israël, Palestine : vérités sur un conflit”, d’Alain Gresh


“Pourquoi les espoirs de paix au Proche-Orient, nés de la poignée de main historique entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin en 1993, se sont effondrés ? Pourquoi la violence marque-t-elle le Proche-Orient depuis soixante ans ? Quelles sont les racines historiques du problème ? Quels rapports existe-t-il entre les juifs, le sionisme, l’antisémitisme, la Shoah et la création d’Israël ? Quelle est l’origine du drame des réfugiés palestiniens ?” Ce sont-là des questionnements parmi tant d’autres qui traversent l’essai du journaliste au Monde Diplomatique, Alain Gresh, qui vient de paraître dans une nouvelle édition actualisée, chez l’éditeur algérien basé à Constantine, Média-Plus. Dans cet essai, Alain Gresh tente de replacer les évènements dans leurs contextes et de les analyser, tout en adoptant une position universaliste, voire neutre vis-à-vis du conflit inextinguible israélo-palestinien. Il s’interroge également sur les soubassements de ce conflit et sur l’incapacité de la “Terre de Paix” d’accéder à la paix. Alain Gresh entraîne donc son lecteur, à travers 276 pages, dans un “Orient compliqué” qui a déboussolé la raison humaine. Disponible en librairie, le livre est vendu à 950 DA.

LIBERTÉ (01/07/2009)

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Message par rachid_as le Mer 1 Juil - 14:43

En librairie : Les 100 discours qui ont marqué le XXe siècle

Les 100 discours qui ont marqué le XXe siècle est le titre d’un gros ouvrage de 820 pages édité en 2008 en France par André Versaille, éditeur et également, la même année en Algérie, par le Constantinois Média-Plus.

Y figurent 100 discours prononcés depuis les débuts du XXe siècle par des personnalités considérées comme étant de premier plan sur la scène politique internationale par les auteurs de l’ouvrage. Ces derniers, en l’occurrence Hervé Broquet, Catherine Lanneau et Simon Petermann, avertissent que « le choix de certains discours peut paraître arbitraire ». Ils relèvent en outre qu’il se trouvera évidemment des historiens ou des politologues pour contester légitimement nos choix… On notera en effet ,une trop forte présence de personnalités françaises alors que la France et ce, dès la période prise en considération, soit à partir de la Première Guerre mondiale, était en passe de devenir déjà une puissance secondaire. A relever également à ce propos que ce XXe siècle a été marqué aussi par le mouvement d’émancipation, l’ère des indépendances, qui concernait plus de la moitié de la population mondiale. Cet aspect n’est pas pris en considération à sa juste valeur.

Pour le reste, l’ouvrage mérite une bonne place dans les bibliothèques aussi bien des universitaires, en particulier les historiens et les politologues, que dans celles de profanes curieux ou avides de connaissances. L’intérêt d’un tel livre est très simple à appréhender : certains discours sont de véritables documents historiques souvent incontournables. Les lecteurs trouveront ainsi leur bonheur avec, par exemple, L’appel du Soviet des députés ouvriers et Soldats de Petrograd, ou encore Le discours de Lénine, Les Thèses. La Paix de Brest-Litovsk. Nous sommes là en plein dans la grande révolution russe qui a été et restera un événement mondial considérable. Toujours concernant cette période du début du siècle, il y a les fameux Quatorze points de Woodrow Wilson, le président US à un moment où l’Amérique s’affirmait déjà comme puissance. C’est en 1922 que le Mahatma Gandhi inaugura sur le plan mondial sa démarche par le discours Sur La non-violence. Trois années plus tard, l’homme qui réinventa les Jeux olympiques prononça son « Testament sportif ». Il en sera ainsi jusqu’à la fin du XXe siècle. On retrouvera, grâce à leurs discours des hommes qui ont parfois présidé aux destinées de grandes nations et/ou du monde : Hervé Broquet, Catherine Lanneau et Simon Petermann.

El-Watan (01/07/2009)

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Message par rachid_as le Mer 19 Aoû - 15:16

L’OUVRAGE “DICTIONNAIRE DES MOTS FRANÇAIS D’ORIGINE ARABE” DE SALAH GUEMRICHE
“Voyage des mots”


“Voyage des mots, de "nos" mots, ceux que nous parlons, que nous écrivons, que nous échangeons dans notre parole, au vent déclamé, dans une conversation d’affection ou d’amour, chuchotée”, écrit l’écrivaine et académicienne, Assia Djebar, dans la préface de Dictionnaire des mots français d’origine arabe.

Paru aux éditions Seuil, cet ouvrage est une somme à caractère encyclopédique de 878 pages, qui représente le fruit d’une recherche approfondie qui a duré quatre années, du romancier et journaliste Salah Guemriche. L’auteur entame son introduction par une affirmation assez troublante : “Il y a deux fois plus de mots français d’origine arabe que de mots français d’origine gauloise.” Ceci est en partie dû à l’effet de la colonisation, puisque la France a été durant des siècles un empire colonial, qui a dominé durant des siècles, entre autres le monde arabe.

La langue française est donc riche en apports extérieurs et surtout en mots arabes, notamment zéro, algèbre, arobase, zénith, chimie, alchimie, mat, madrague, luth, laquais, jarre, goudron, felouque, daman, civette, candi, bougie azur, etc. En fait, ce sont-là des emprunts nécessaires, engendrés par la force des choses, l’urgence et le contexte.

Avec l’évolution des sociétés humaines, les différentes découvertes et l’exploration d’autres horizons, les linguistes ont eu recourt à des emprunts. L’arbitraire n’est donc pas de mise dans ce cas de figure. Bien au contraire, l’inspiration est venue de l’appellation arabe. Il est à noter que les mots récoltés et proposés dans ce dictionnaire ne sont plus d’usage aujourd’hui, ou ne le sont que très rarement. Toutefois, ces mots ont marqué la langue française mais également la littérature française, comme le mot “sequin” d’origine turque, utilisé par Balzac, dans sa Comédie humaine (Maître Cornélius, Études philosophiques).

R. C.

* Dictionnaire des mots français d’origine arabe de Salah Guemriche, 878 pages, éditions Seuil, Paris, mai 2009, 3650 DA

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Le recueil de poésie “Vingt-neuf visions dans l’exil” de Brahim Hadj Slimane
Les voies sinueuses du moi profond


Paru aux éditions Tira, Vingt-neuf visions dans l’exil est un recueil de 79 pages du journaliste et chercheur Brahim Hadj Slimane. Dans cet ouvrage, l’auteur évoque des moments vécus de plusieurs personnages qui reviennent de nombreuses fois dans ses autres écrits, comme cela est le cas pour Ali le pêcheur ou alors Bakhta. Cette femme qui, après trente ans de blues, se remet enfin à faire la fête et à retrouver la joie de vivre sur la falaise des pêcheurs pour célébrer l’enfant qui est en elle, laissé par le parachutiste pêcheur. Vingt-neuf visions dans l’exil évoque énormément la vie endurée durant le colonialisme français, notamment dans le poème Ce vent vient de Djebel Antar : Antar qui, dans ses entrailles, porte vingt-neuf victimes.

Il aborde aussi d’autres sujets actuels avec un humour très subtile où on constate deux vers en langue arabe dialectal. Il évoque ces raimen, notamment Cheb Ahmed, Cheb Aziz et Cheb Abdou. Il se moque de ces hommes qui donnent tout leur argent pour épater la galerie. Dans le poème Vingt-neuf eaux, il raconte le bain qui s’anime ; le bain qui rassemble des corps d’hommes et de femmes dans le bain turc… dansant et chantant toute la nuit. Brahim Hadj Slimane, poète, journaliste et essayiste, est né à Tlemcen. Il est animateur culturel de ciné-clubs et membre de fédération des cinés-clubs. Cet auteur est notamment le fondateur et animateur de la revue littéraire Voix multiples.
Dans Vingt-neuf visions dans l’exil, Brahim Hadj Slimane se défoule et se déchaîne et explore les voies sinueuses du moi profond et les méandres de la langue.

Hana Menasria

* Vingt-neuf visions dans l’exil de Brahim Hadj Slimane, 79 pages, éditions Tira, Algérie, juillet 2009.



Liberté (19/08/23009)

rachid_as

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